Toujours de très belles routes de moyenne montagne en Bosnie, le plus souvent au fond de gorges calcaires, mais le trafic augmente après Sarajevo et on rencontre quelques Johnnys dans de puissantes berlines, en général noires, qui doublent sur les lignes blanches en prenant un malin plaisir à vous passer à raz. Je me régale néanmoins dans les courbes dont j'ai été plutôt frustré en Turquie et en Iran. La prudence reste de mise car le goudron est souvent poli par l'usage, surtout en ville. Je ferai une bonne glissade de l'avant lors d'un freinage juste avant un ralentisseur.

Je m'arrête à Mostar pour voir le fameux pont, symbole funeste de la guerre; il a été stupidement détruit en 1993 puis reconstruit grâce à l'aide internationale. L'ouvrage et le cadre sont magnifiques mais la visite est un peu gâchée par les hordes de touristes et les marchands du temple qui poussent le mauvais goût jusqu'à vendre des reliques militaires, balles, baïonnettes, casques, ...

Après Mostar, peu avant la frontière Croate, se trouve le beau village de Pocitelj. La vallée s'ouvre et se couvre de vignes à mesure que l'on se rapproche de la côte.

Le passage de la frontière est très rapide, juste un coup d'oeil sur le passeport. La signalisation à Opuzen n'est pas très claire et je me retrouve sur de petites routes sinueuses dans la montagne au lieu de suivre la côte. Je ne regretterai pas la belle incursion qui se termine par une route en corniche sur une falaise vertigineuse (200-300 m) au dessus de la mer.

Les routes croates sont excellentes et pas trop fréquentées au sud. Après un bref passage à Split, un peu trop urbain à mon goût ce jour, je continue jusqu'à Trogir, un superbe village médiéval, où je m'arrête pour la nuit.


Ce jour et le lendemain je trouverai à loger dans des chambres chez l'habitant; il y en a partout et c'est bon marché et sympa. La Croatie est plus cher que la Bosnie et surtout que la Bulgarie ou la Serbie mais toujours moins que l'Europe de l'euro. La côte est touristique mais n'est pas défigurée comme pour certains autres pays méditerranéens, pourvu que ça dure.
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