A 4 kilomètres de la frontière se trouve un cratère de météorite en plein dans une zone très militarisée; il faut d'ailleurs laisser son passeport au premier carrefour à des soldats en tenue de combat.

Ce "cratère" m'a laissé perplexe, un trou cylindrique très régulier dans le basalte, 35 m de diamètre, 60 m de profondeur, partiellement rempli de sédiments, aucune trace de vitrification, pas de fracturation caractéristique, pas de cône d'éjectas à la périphérie; mais où sont donc passés les 60.000 m3 de roche?? Un panneau dit que la météorite est tombée en 1892. Il dit aussi que c'est le deuxième plus grand cratère du monde, foutaise. De plus, à ma connaissance, il n'est pas officiellement répertorié.
J'ai droit un deuxième regard sur le mont Ararat, cette fois capé de nuages. Je croiserai un cycliste italien en train de pédaler vers l'Iran, échange de saluts.
Juste avant de repasser à Dogbayazit, je longe un camp militaire ou des dizaines de tanks jouent à la guéguerre, impressionnant.
La route jusqu'à Erzurum est digne des routes auquelles j'ai été habitué fin mars dans l'est de la Turquie c'est à dire, à l'exception de quelques portions, un festival de bosses et de nid de poules entre lesquels il faut slalomer à 100 km/h. Le paysage, quand on a le loisir de l'admirer, est aride, vaste et montagneux. Heureusement que les turcs conduisent mieux que les iraniens, cela repose un peu.
Mont Ari:

Les dernières dizaines de kilomètres dans une verte vallée sont les plus agréables et faciles.
Vieux pont:

Le lendemain à Erzurum, je me préoccupe en premier lieu de faire la vidange des 30.000. Juste avant, je fais un test pour comprendre mon problème de carburation qui empire, le moteur engorge vers 4500 et de 5500 à 7000 tours/min. Erzurum est à environ 2000 m d'altitude. Il y a 3 jours j'ai changé mes bougies, elles étaient bien noires. Après le problème du degré d'octane en Iran, j'en suis venu à soupçonner de plus en plus le filtre à air, bien que je l'ai nettoyé plusieurs fois à l'air comprimé. J'essaye donc brièvement la moto sans filtre à air, un vrai dragster!Je trouve un petit garage auto qui fait les vidanges et j'en profite pour bricoler mon filtre à air avec l'aide enthousiaste et désintéressée des mécanos; tout cela en parlant avec les mains. Je vire l'accordéon interne de papier filtre, fumant de poussière; on me trouve de la mousse en plaque d'un centimètre. Je garni l'intérieur du cylindre avec deux couches de mousse huilée, maintenues plaquées contre la tôle perforée par deux anneaux élastiques artisanaux faits avec les baguettes plates en acier qu'on trouve dans les caoutchoucs d'essuie-glace. L'essai qui suivra sera tout à fait concluant, même si je devrais faire attention et peut-être vérifier si la carburation n'est pas trop pauvre maintenant. Cela tiendra bien jusqu'à Ankara, en évitant les hauts régimes et les surchauffes.
L'après-midi je me relaxe en visitant Erzurum, plein de badeaux en ce samedi.
Yakutiye Medrese (école coranique):
Mosquée Ulu (1179 après JC):

Détail:
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