samedi 30 mai 2009

Chats d'Iran et d'ailleurs

Chats d'Iran ...






... et d'ailleurs




Parcours etc

Voici l'itinéraire parcouru avec les escales:

cliquer pour agrandir
Quelques chiffres:
  • 15452 km (au compteur)
  • 5635 km pour l'aller, 4710 km en Iran, 5107 km pour le retour
  • 85 jours
  • 48 étapes de 322 km en moyenne

Bilan mécanique:
  • 19826 kilométres au départ, pneus et kit chaîne neufs, remplacement des roulements de direction
  • 21132 coque arrière fêlée
  • 24090 vidange+filtre, soufflage filtre à air
  • 26719 remplacement joints spis de fourche, soudure porte-bagage, soufflage filtre à air
  • 28921 bougies neuves, soudure porte-bagage
  • 29797 vidange+filtre, modification du filtre à air
  • 30610 perte masselotte gauche du guidon
  • 30899 remplacement pneu arrière, plaquettes avant et arrière neuves, soudure porte-bagage
  • 35278 à l'arrivée, nettoyage, graissage de la chaîne

mardi 26 mai 2009

Toulouse

De Koper, Slovénie,


je me retrouve très vite en Italie, dont je traverserai tout le nord par l'autoroute pour faire escale peu avant Cuneo chez Mario, un ami voyageur que j'ai rencontré il y a un peu plus de 10 ans au Mali. Après une excellente soirée et une nuit un peu courte, je pars en direction de la frontière, au col de Larches (1991 m).


Je retrouve nos excellentes routes pour la descente vers Barcelonnette.


La route est longue, malgré quelques sections d'autoroutes, pour rejoindre le petit hameau dans la montagne vers St Pons de Thomières dans l'Hérault où m'attends l'ami Stéphane. J'y arrive peu avant la nuit.

Le temps est magnifique, la nature verdoyante et la balade sous les châtaigniers un régal.




Après cette journée de détente et de repos, je reprends la moto une dernière fois pour rejoindre Toulouse en ce lundi.

Peu après St Pons, dans les bois, je vois une voiture arrêtée, capot ouvert, avec un type qui me fais signe de stopper. Il vient vers moi, gominé, grosse chaîne en "or" et chemise à fleur, m'explique avec un accent grotesque qu'il est yougoslave, en panne d'essence, qu'il y a un bébé dans la voiture et enlève sa grosse bagouse en "or" qu'il pose sur ma sacoche réservoir.
Je lui refourgue illico la bague, dis "non, merci" et redémarre dans la seconde.

Deux ou trois paletins plus loin je repère une gendarmerie et signale l'incident à l'interphone. On me répond "c'est les gitans, merci d'avoir prévenu".

Après plus de 15000 km, on tente de m'escroquer à 100 bornes de chez moi ...

J'arrive chez moi sans autre encombre.

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jeudi 21 mai 2009

Koper, Slovenie

Je continue la route côtière avec ses paysages méditerranéens, bruyère, oliviers et figuiers.



Attention aux bêtes sauvages dans le maquis:




A Sibenik se trouve une cathédrale, Saint Jacques, inscrite au patrimoine de l'Unesco.



Je m'arrête dans un petit port, Bibinje, pour le déjeuner. J'y rencontre une bande de liégois à l'excellent esprit motard. Ces potes ont retrouvé les motos de leur jeunesse pour se faire Liège-Split et retour: Vespas, Honda 125 XLS, Suzuki 250 GT et męme un Honda 50 4-temps qu'il faut pousser dans les cotes! Courageux les gars, de longues journées à ramer; mon voyage à coté c'est du beurre! Ils ont du embobiner quelques flics pour passer des tunnels dans les Alpes interdits au cyclos.



La route cotière après Zadar est peu fréquentée, surtout par des camions et des bus d'ailleurs, et cela se comprend car elle devient très tortueuse. On m'expliquera que les accidents de moto y sont fréquents à cause du goudron à l'adhérence moyenne et de la fatigue qui s'accumule de part la chaleur (il fait déjà un bon 30° en cette mi-mai) et les enchainements de virages ininterrompus. Amis motards, dans ces circonstances, il faut boire beaucoup ... d'eau.


Je m'arrête dans un petit port isolé et très tranquille, Karlobag. Là et à d'autres occasions en Croatie, je me régalerai de poisson (dorade) et calamar de 1ère qualité, très frais, parfaitement cuits et excellents, pas donnés mais encore raisonnable.


De jolies plantes poussent sur les murs.



La route est plus facile après Karlobag mais le trafic redevient plus important à partir de Senj. Je croise de nombreux groupes de motards qui descendent vers le soleil. Le paysage est magnifique avec vue sur les chapelets d'îles et ilots caractéristiques de la côte croate.



Senj se signale par un chouette château.



Après Rijeka, je choisi de couper à travers l'Istrie, vers l'ouest, plutôt que de suivre la route principale vers la Slovénie. C'est une verte région de colinnes calcaires boisées et de vallées cultivées. Les villages sont peu nombreux et les routes tranquilles.
Je visiterai au passage Motovun, un village perché sur une colinne, sur le site d'un ancien oppidum romain.



Peu après je passe la frontière avec la Slovénie. Le contrôle est très symbolique, cotés Croate et Slovène, je montre la couverture de mon passeport et les douaniers font négligemment un signe de la main pour dire de passer.
Je m'arrête à Koper, un port sur la très petite bande côtière Slovène, coincée entre Croatie et Italie. L'accueil y est souriant et je retrouve la communauté européenne et la monnaie unique, qui simplifie clairement la vie du voyageur.

Trogir, Croatie

Toujours de très belles routes de moyenne montagne en Bosnie, le plus souvent au fond de gorges calcaires, mais le trafic augmente après Sarajevo et on rencontre quelques Johnnys dans de puissantes berlines, en général noires, qui doublent sur les lignes blanches en prenant un malin plaisir à vous passer à raz. Je me régale néanmoins dans les courbes dont j'ai été plutôt frustré en Turquie et en Iran. La prudence reste de mise car le goudron est souvent poli par l'usage, surtout en ville. Je ferai une bonne glissade de l'avant lors d'un freinage juste avant un ralentisseur.



Je m'arrête à Mostar pour voir le fameux pont, symbole funeste de la guerre; il a été stupidement détruit en 1993 puis reconstruit grâce à l'aide internationale. L'ouvrage et le cadre sont magnifiques mais la visite est un peu gâchée par les hordes de touristes et les marchands du temple qui poussent le mauvais goût jusqu'à vendre des reliques militaires, balles, baïonnettes, casques, ...



Après Mostar, peu avant la frontière Croate, se trouve le beau village de Pocitelj. La vallée s'ouvre et se couvre de vignes à mesure que l'on se rapproche de la côte.



Le passage de la frontière est très rapide, juste un coup d'oeil sur le passeport. La signalisation à Opuzen n'est pas très claire et je me retrouve sur de petites routes sinueuses dans la montagne au lieu de suivre la côte. Je ne regretterai pas la belle incursion qui se termine par une route en corniche sur une falaise vertigineuse (200-300 m) au dessus de la mer.



Les routes croates sont excellentes et pas trop fréquentées au sud. Après un bref passage à Split, un peu trop urbain à mon goût ce jour, je continue jusqu'à Trogir, un superbe village médiéval, où je m'arrête pour la nuit.





Ce jour et le lendemain je trouverai à loger dans des chambres chez l'habitant; il y en a partout et c'est bon marché et sympa. La Croatie est plus cher que la Bosnie et surtout que la Bulgarie ou la Serbie mais toujours moins que l'Europe de l'euro. La côte est touristique mais n'est pas défigurée comme pour certains autres pays méditerranéens, pourvu que ça dure.

lundi 18 mai 2009

Sarajevo, Bosnie Herzegovine

Les quelques 200 km de route de la frontière bulgare à Sarajevo sont superbes et un régal de motard; beau tracé et bon goudron, lignes droites fort rares, peu d'agglomérations, le plus souvent au fond de gorges profondes sauf un passage de col qui rompt un peu la "monotonie".

Peu après la frontière:



Un peu plus loin, après Visegrad, la route passe dans une longue série de tunnels pour franchir ces gorges aux parois abruptes:



Sarajevo est situé dans une cuvette au sein de colinnes boisées, au milieu coule une rivière; c'est -à nouveau- une très belle ville.



La variété architecturale est impressionnante et doit beaucoup à son exceptionnelle pluralité confessionnelle et ethnique: ottomans, juifs sépharades expulsés d'Espagne lors de la reconquista et accueillis par les ottomans, slaves orthodoxes, chrétiens. Ce n'est pas étonnant que des fachos de tout bord se soient battus pour ce symbole.

Mausolée (?) islamique:



Mosquée Gazi Husrev Bey; dans la cour un kiosque pour les ablutions:



Cathédrale catholique:



Eglise orthodoxe:



Synagogue:



Centre culturel, criblé d'impacts de balles, ça me rappelle une citation de Goebbels (ou de Baldur von Shirach, Hanns Johst ou Goering selon les sources!): "Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver":


Je prefère personnellement la version de Francis Blanche: "quand j'entends le mot revolver, je sors ma culture".

Brasserie (influence austro-hongroise):



L'histoire de la ville est également tout à fait exceptionnelle, ville olympique, lieu de l'évènement déclencheur de la première guerre mondiale, l'assassinat de l'archiduc d'Autriche, Franz Ferdinand, et de sa femme (enceinte) en 1914:

Pont Latin et lieu de l'assassinat (au bout du pont à gauche, devant le musée consacré à cet évènement):



l'arme du crime:



et beaucoup plus récemment, évènement marquant et peu glorieux de la fin du XXème siècle, le siège de la ville (1991-1994):

... sans commentaires ...







Faut-il rappeller l'attentisme lâche et coupable de certains responsables politiques, dont un certain François Mitterand, à l'époque?

La paix, le multiculturalisme et la tolérance sont revenus sur la ville qui, parait-il, est encore plus belle qu'avant.

dimanche 17 mai 2009

Serbie, Uzice

La frontière avec la Serbie n'est pas bien loin de Sofia et les formalités sont simples et rapides. La bonne route emprunte des gorges superbes, assez étroites et profondes.



Le sud de la Serbie est très campagnard et beaucoup de monde s'active dans les champs en ce beau jour de printemps. Beaucoup de travail se fait à la main. Les tracteurs et charettes sont fréquents en bord de route. Les maisons sont modestes mais coquettes.



La route traverse quelques bois d'acacias en fleurs très odorants. Il fait chaud; je m'arrête à Cacak pour boire un coup. Un platrier qui se relaxe après sa journée de travail en buvant une bière et avec qui j'échangerai quelques mots insiste amicalement pour m'offrir une autre boisson.

J'arrive en fin d'après-midi à Uzice, plus très loin de la frontière avec la Bosnie.



La ville est agréable mais plutôt familiale et bien calme pour un samedi soir.

Le lendemain, j'ai du mal à trouver la route pour Sarajevo. Je demande alors mon chemin à un motard local en Yamaha R6. Il m'invite à le suivre pour 20 km. Dès la sortie de la ville il prend un rythme élevé sur une route de grandes courbes et je devrai cravacher le CB avec ses 50 kg de bagages pour le suivre et sauvegarder l'honneur des motards français, surtout en ce jour de Grand Prix au Mans. Au moment de se séparer je lui explique brièvement mon itinéraire et il se montrera très heureux de m'avoir accompagné.

vendredi 15 mai 2009

Sophia

Une belle autoroute, à travers une campagne verdoyante, relie Istanbul à Edirne, une petite ville historique et agréable à la frontière Bulgare. Je m'arrête à Edirne pour un dernier repas en Turquie. Je patienterai 2 heures au restaurant le temps de laisser passer un gros orage.

J'arrive à la frontière un peu soucieux car je n'ai pas payé la couteuse amende pour excès de vitesse attrapée peu après Erzurum. Le reçu précise qu'elle peut être payée à la frontière; en effet, la douane peut en retrouver la trace lors des formalités de sortie du territoire du véhicule.
Soit l'amende n'a pas encore été enregistrée, soit les douaniers n'ont pas vérifié mais je passerai sans encombre et ferai une substantielle économie. Les formalités coté Bulgarie sont simples et rapides, c'est l'Europe. De plus, les motards n'ont pas besoin de payer la vignette pour circuler sur les routes, comme pour les autres véhicules.

La route jusqu'à Plovdiv est correcte mais le plus souvent à seulement 2 voies. Je n'aurai pas à me plaindre de la conduite des Bulgares, pourtant de mauvaise réputation.



Après une nuit à Plovdiv, je rejoins rapidement Sofia par une belle autoroute. La ville est moderne et contraste avec une campagne assez pauvre.

Quelques bâtiments historiques demeurent, église russe:



cathédrale Alexander Nevski, construite en mémoire aux morts de la guerre entre russes et ottomans:



De nombreux monuments de l'ère communiste sont encore présents, même si un certain nombre ont été détruits ou dissimulés.