Bu Ali Sina, dit Avicenne, célèbre médecin et philosophe, fut le vizir de l'émir d'Hamadan. Il complota à la mort de ce dernier, fut jeté en prison et réussit à s'enfuire pour Esfahan.

Le soir, je me fais plaisir pour 7 euros et je vais dîner dans un hôtel classe; seuls autres clients, un groupe de retraités américains en voyage organisé au pays de l'axe du diable (evil's axis, dixit G.W.).
Le lendemain sera une longue étape (465 km) pour rejoindre Esfahan. La route chemine entre de hautes montagnes enneigées, d'abord volcaniques puis calcaires, spectacle grandiose sans cesse renouvelé dont les voyageurs qui se rendent en Iran en été ne peuvent profiter. Il suffit de faire abstraction des détritus qui jonchent le bord des routes ...

Je m'arrêterai pour déjeuner dans un resto de bord de route, nourriture simple mais excellente et copieuse, un vrai "routier" en somme. Le patron me prendra en affection, m'appelera "mon frère" en farsi et me secouera la main à plusieurs reprises. Il a tombé la blouse et rajusté sa chemise dans son pantalon pour la photo.

Le serveur me demandera, discrètement, "wisky?". Désolé, j'ai fini la Mirabelle à Van.
Les arrêts aux stations services provoquent attroupements et salves de questions.
Je ne me lasse pas du paysage, ici un majestueux anticlinal.

Une dernière petite pause avant Espahan pour prendre cette photo.

C'est à cette occasion que je découvrirai de l'huile sur mon tube de fourche droit, le joint spi est mort; heureusement j'en ai emporté de rechange. De plus, depuis les montagnes de Turquie, le moteur ratatouille entre 5500 et 7000 trs et je plafonne à 110 km/h (tant, mieux, j'ai dû passer devant 5 ou 6 radars aujourd'hui). En rétrogadant 2 vitesses, j'arrive à passer les 7000 pour doubler. L'altitude est une explication puisque le moteur fonctionnera mieux à la descente sur Esfahan. Depuis mon entrée en Iran, je me balade entre 1400 et 2400 m. Mon filtre à air est propre; je soupçonne que la qualité douteuse de l'essence y est aussi pour quelque chose.
Je passerai 2 heures à galérer à Esfahan pour trouver un hotel qui a fermé. Encore une fois, des locaux se décarcasseront pour m'aider, coups de fils, escorte moto et language des signes.
Ma priorité à Esfahan est de faire prolonger mon visa, initialement de 2 semaines. Puis, je ferai quelques réparations à la moto, joints spis, soudure porte bagage, coque arrière fendue, problème de carburation à voir. Enfin, je compte bien profiter de cette perle. Je suis là pour quelques jours, sauf si je n'arrive pas à avoir mon extension. Dans ce cas, la remontée sur la Turquie sera tendue ...
Dernière minute, mardi 13h30, l'extension m'est accordée, ouf!
Vraiment magnifique. Tu es sur que tu ne t'es pas trompé de planète je ne reconnais plus notre Terre et surtout ses habitants :)
RépondreSupprimerContinue ton beau voyage, c'est magnifique