Malgré la difficulté pour avoir des informations claires sur la possibilité de passer la frontière à Kapikoy, à 100 km plein est de Van, je tente ma chance. Heureusement la route est correcte et j'atteins facilement la frontière à travers des paysages désolés d'altitude.

Ce poste frontière est le lieu de passage du train entre Van et Tabriz, Iran. Il faut attendre le train, prévu vers midi, pour voir s'ouvrir le poste frontière. Je suis assez perplexe car il n'y a aucune voiture, seulement des camions turcs vides.
Une heure avant arrive un policier des frontières turc sympathique et qui parle anglais, l'occasion d'avoir enfin des informations fiables. D'après lui la route est fermée à la frontière et les marchandises sont transférées des camions iraniens aux camions turcs. La seule possibilité de passer serait de charger la moto dans le train et de la décharger dans la première gare iranienne. Un motard anglais l'a fait il y a quelques mois. Seulement le train qui passe dans le bon sens est à 2 ou 3 heures du matin. Il y a un autre problème, cette fois rédhibitoire, la douane turc ne dispose ni d'ordinateur, ni de téléphone pour valider la sortie du territoire de la moto, ce qui me causerait de gros soucis à mon retour en Turquie. J'aurais approché l'Iran à 2,5 m mais je dois rebrousser chemin.
Je ne regretterai pas le détour pour rejoindre le poste frontière de Gürbulak, environ 200 km plus au nord. La route, assez bonne, longe la rive est du lac, encadré de montagnes enneigées. Puis elle le quitte pour escalader une chaîne de montagnes de 3000-3600 m.

La route culmine au col de Tendürek à 2644 m. L'Iran est de l'autre coté de la crête est. Il fait froid mais, bien équipé, c'est tout à fait supportable.

Pour ceux qui se demanderaient à quoi ressemble ma tronche de motard heureux:

Le panorama vers le nord est kolossal, avec vue sur le mont Ararat, 5137 m, ça ne rigole pas.

La descente est rapide et je fais escale à Dogubayazit, un bled poussiéreux et peu attrayant (comme l'hotel où je m'arrête d'ailleurs) à une trentaine de km avant la frontière.
Demain, je passe en Iran, ce qui ne devrait pas poser de problème, sauf le fait que c'est un jour férié (anniversaire de la République Islamique), suivi d'un week-end; et oui, le w.e. est les jeudi et vendredi en Iran. Je projette de rejoindre directement Tabriz, la grande ville du nord, où j'ai plus de chance de survivre ces 3 jours pendant lesquels la grande majorité des commerces sera fermée.
Cool les montages,
RépondreSupprimerIl et vraiement top ton blog
Gaz
Etienne